
L'origine du Tantra
Naissance du Tantra
Le Tantra est né en Inde. En sanscrit, il veut dire tissage, tissu, lien. Il peut être interprété comme le fil qui nous relie tous à la trame, celle de l’Univers et des autres.
Plusieurs fois millénaire, le Tantra serait né sur les bords de l’Indus. A cette époque, le culte de l’autre sexe régissait la vie sociale et spirituelle. Il rappelait ainsi l’interdépendance des deux sexes non seulement pour la pérennisation de l’espèce mais pour l’accès à l’extase.
L’acte sexuel était considéré comme un moment privilégié de communication avec le divin. La fusion des principes masculin et féminin prenait ainsi une dimension spirituelle. L’amour était un acte sacré.
Cet équilibre a non seulement influencé les pratiques religieuses mais aussi la vie sociale et la culture. Les femmes ont ainsi joué une grande importance dans le Tantra.


Il semble qu’à l’apogée du Tantra cachemirien (9e-14e siècle), les musulmans et les Hindous vivaient en bonne harmonie.
La montée de l’hindouisme et du bouddhisme puis l’avènement des princes musulmans au 14ème siècle a mis fin à cette tolérance, ce qui a entraîné une disparition de la pratique tantrique. Certains préceptes ont été intégrés dans le bouddhisme tibétain, celui dit du grand véhicule.
Par ailleurs quelques maîtres indiens ont maintenu la tradition plus ou moins secrètement jusqu’au 20ème siècle.
L’Occident s’est intéressé au Tantra à partir de la fin du 19e siècle. Ce sont les anglais colonisateurs de l’Inde qui l’aurait étudié en premier par l’intermédiaire de Sir John Woodroffe.
Au 20e siècle, de nombreuses personnalités se sont penchées sur la question dont notamment Carl Jung (Psychologie du Yoga de la Kundalini).
Par ailleurs, Wilhelm Reich, disciple dissident de Freud, a rejoint indirectement les recherches tantriques par le biais d’une approche corporelle et sexuelle de la libération d’énergie vitale. Reich est l'un des pères spirituels des approches psycho-corporelles et d’une partie des thérapies énergétiques.
A l'époque New Age, OSHO, venu d'Inde, a vulgarisé le Tantra en Amérique et en Europe. Il en a adapté les pratiques à la mentalité occidentale.
Les textes tantriques originels
Ces textes qui sont parvenus jusqu’à nous sont peu nombreux du fait que le Tantra a été longtemps combattu.
L’un des textes fondateurs connus du Tantra cachemirien est le Vijnana Bhairava. Au 8ème siècle, il est déjà connu et commenté. Il propose 112 pratiques très variées et ouvertes sur la vie.
Une autre source, les shivas sutras, daterait du 9ème siècle.
La source la plus importante du Tantra cachemirien est le Tantraloka datant du 10ème siècle.


Les principes créateurs du monde ont été synthétisés en 36 Tattvas parmi lesquels :
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Les 5 premiers Tattvas concernant les 5 éléments : la terre, l’eau, l’air, le feu, l’éther (l‘énergie subtile)
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Les 5 suivants qui concernent les sens
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Ceux qui portent sur les organes des sens : nez, langue, œil, peau, oreille
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Les Tattvas portant sur les organes humains d’action : excrétion, sexe, pied, les mains, la bouche
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Viennent alors Tattvas fondamentaux qui correspondent à nos instruments internes : mental élémentaire, ego, intellect, énergie personnelle, âme personnelle…
Le principe originel est non dualiste : il dit que tout ce qui est en nous est partout et tout ce qui est partout est en nous.
Les Tattvas permettent à chacun de renforcer au quotidien ce qui concourt à l’unité.
